Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : « Notre objectif est de dépasser le football en nombre de licenciés »

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De retour d’Éthiopie où il a été élu vice-président chargé de l’administration de la Confédération africaine des échecs (ACC), Barthélémy Bongo Akanga Ndjila a été accueilli ce mercredi 29 juillet 2026 à l’aéroport international Léon-Mba de Libreville. À sa descente d’avion, le président de la Fédération gabonaise des échecs a accordé un entretien à Sport241. Il revient sur cette victoire acquise à une voix d’écart, présente ses priorités continentales et affiche de grandes ambitions pour le développement de la discipline au Gabon.

Sport241 : Vous venez d’être élu vice-président chargé de l’administration de la Confédération africaine des échecs. Que représente cette élection pour vous et pour le Gabon ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : Pour nous, cette élection représente énormément. C’est véritablement un aboutissement. Lorsque nous avons commencé à développer les échecs au Gabon, il y a une vingtaine d’années, presque personne n’y croyait. Il nous arrivait même parfois de douter de notre capacité à atteindre un tel niveau de responsabilité.

À force de travail, d’abnégation et d’efforts, nous avons réussi à développer la pratique des échecs au Gabon. Ce travail nous a permis d’être remarqués et d’intégrer le ticket conduit par Bernard Wanjala, du Kenya, avec l’objectif de contribuer au développement de la discipline sur le continent. L’élection a été très disputée puisque nous l’avons remportée avec une seule voix d’écart. Pour les quatre prochaines années, je serai donc vice-président chargé de l’administration de la Confédération africaine des échecs.

« Donner un siège et un compte bancaire à la confédération »

Sport241 : Quelles seront vos principales priorités durant ce mandat de quatre ans ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : Au niveau continental, nous devons d’abord travailler sur l’organisation administrative de la confédération. L’ACC ne dispose actuellement ni d’un siège permanent ni d’un compte bancaire. Nous allons donc accorder une attention particulière à ces questions afin de doter l’institution d’un fonctionnement plus structuré.

Nous souhaitons également que notre action au niveau continental ait des répercussions positives au Gabon. Nous travaillons déjà avec plusieurs partenaires privés, mais cette élection constitue aussi une occasion de solliciter davantage l’accompagnement de l’État. Nous sommes parvenus à ce résultat avec un soutien encore limité de l’administration gabonaise. Nous espérons que les autorités comprendront désormais l’importance des échecs et prendront conscience de l’existence d’hommes et de femmes engagés dans le développement de cette discipline.

Sport241 : Cette nouvelle responsabilité continentale aura-t-elle un impact direct sur le développement des échecs au Gabon ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : Oui, forcément. Depuis l’Éthiopie, j’ai déjà écrit à nos partenaires qui m’ont félicité pour leur faire comprendre que le travail accompli produit des résultats. Il existe au Gabon des personnes compétentes et engagées sur lesquelles les partenaires peuvent miser. Lorsque les différents acteurs conjuguent leurs efforts, nous parvenons à obtenir de bons résultats.

Nous portons notamment les projets « Chess in Schools » et « Chess in Prison », destinés respectivement aux établissements scolaires et aux prisons. Nous avions déjà obtenu le soutien du vice-président du gouvernement pour leur mise en œuvre. Nous espérons maintenant que l’administration suivra afin de nous permettre d’introduire durablement les échecs dans ces deux milieux. Ces programmes peuvent contribuer à l’éducation, à la concentration et à la réinsertion.

« Les échecs se portent mieux qu’il y a 20 ans »

Sport241 : Comment se portent aujourd’hui les échecs au Gabon ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : La discipline se porte beaucoup mieux qu’il y a 20 ans et connaît une progression plus nette depuis trois ou quatre années. Nous organisons désormais des compétitions de très bonne qualité. J’ai eu l’occasion de présenter aux représentants de la Fédération internationale des échecs une vidéo de notre dernière compétition. Ils ont été surpris de constater que nous étions capables d’organiser un tel événement au Gabon.

Nous mobilisons tous les moyens à notre disposition pour améliorer la qualité de nos tournois. L’année prochaine, nous espérons accueillir encore davantage de joueurs étrangers. Leur présence permettra aux joueurs gabonais d’acquérir de l’expérience et de se confronter à d’autres styles de jeu. Nous devons continuer dans cette direction pour élever notre niveau et tenter de rattraper les grandes nations africaines des échecs.

Sport241 : Quelles sont les prochaines compétitions inscrites au calendrier gabonais ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : Une première compétition sera organisée le samedi 15 août par le club des échecs Colibri et Les Fous du roi. Il s’agira du Rapide de l’Indépendance. La Gabon Chess Academy organise également deux rendez-vous : un tournoi rapide en février et la huitième édition de l’Open de Libreville, disputée au format classique, en mai.

D’autres compétitions pourraient compléter ce calendrier. Avec l’engouement que nous constatons chez les joueurs, nous envisageons notamment l’organisation d’un tournoi de blitz en décembre. Toutes nos compétitions sont désormais homologuées par la Fédération internationale des échecs. Notre ambition est de faire grandir ces tournois et d’attirer davantage de joueurs étrangers et de la sous-région afin qu’ils puissent affronter les Gabonais.

L’ambition de dépasser le football

Sport241 : Qu’attendez-vous des autorités publiques et du grand public ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : Nous souhaitons qu’ils viennent véritablement nous soutenir. Nous savons que notre fédération rencontre encore quelques difficultés dans son organisation, mais nous travaillons à les résoudre. Nous sommes désormais implantés à Libreville et à Port-Gentil. Nous nous battons également pour nous installer dans le Woleu-Ntem et le Moyen-Ogooué.

Notre volonté est de couvrir progressivement l’ensemble du territoire national. Notre objectif, honnêtement, est de dépasser le football. Nous pensons être capables d’y parvenir. Nous nous sommes donné dix ans pour compter davantage de licenciés que le football gabonais.

Sport241 : Quel message souhaitez-vous adresser à la famille gabonaise des échecs ?

Barthélémy Bongo Akanga Ndjila : Je demande à toute la communauté de poursuivre le travail. Je ne suis pas arrivé à ce niveau grâce à ma seule personne. Il a fallu que des dirigeants, des joueurs et des joueuses m’accompagnent. Le poste que j’ai obtenu appartient donc à toute la communauté gabonaise des échecs.

Nous voulons désormais attirer davantage de filles et de femmes vers la discipline. Nous n’avons pas de difficulté particulière à mobiliser les garçons, mais la participation féminine reste encore insuffisante. Je souhaite aussi dire aux parents que les échecs sont bénéfiques aussi bien pour les enfants que pour les adultes. Je les encourage à inscrire leurs enfants et je remercie toute la communauté pour son accompagnement.

Propos recueillis par Rachel Billogue


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